LA VALSE DE UDI ET JC LAGARDE

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Le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde et le président du Nouveau centre Hervé Morin, l’une des composantes de l’UDI, se sont réconciliés. Les deux hommes discutent maintenant conjointement des conditions de leur soutien à la candidature à l’élection présidentielle de François Fillon.

La brouille aura été de courte durée. Alors qu’Hervé Morin avait annoncé son intention de convoquer un congrès le 11 décembre pour faire sécession avec l’UDI de Jean-Christophe Lagarde, les deux hommes ont finalement acté leur réconciliation le 6 décembre. Réunis à huis-clos avec les cadres de l’UDI, Lagarde et Morin ont acté l’intégration de Morin dans la délégation de centristes de l’UDI chargée de négocier avec François Fillon un pacte programmatique et législatif.

D’une même voix face à François Fillon

Jusqu’à présent les deux hommes discutaient séparément avec le nouvel homme fort de la droite. La délégation comprenait déjà Jean-Christophe Lagarde, Laurent Hénart et les présidents des groupes centristes à l’Assemblée nationale et au Sénat Philippe Vigier et François Zocchetto. Autre changement, le conseil de la présidence de l’UDI passe de 21 à 9 membres et se réunira chaque semaine pour faciliter les échanges dans le secret d’un huis-clos. Et ainsi éviter les sorties médiatiques qui étalent au grand jour les dissensions au sein de la famille centriste.

Hervé Morin ne fera pas sécession

Entre Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin, la tension était montée d’un cran au lendemain de la primaire de la droite et du centre. Hervé Morin avait soutenu Bruno Le Maire au premier tour avant de se rallier à François Fillon alors que Jean-Christophe Lagarde a défendu jusqu’au bout la candidature d’Alain Juppé. La défaite du maire de Bordeaux a pu conduire Morin à considérer que Lagarde s’était discrédité pour incarner le centre. Le président de la région Normandie est finalement revenu sur sa position, il ne fera pas sécession.

Après la menace de scission proférée par le Nouveau Centre d’Hervé Morin, la survie de la formation de Jean-Louis Borloo reste en suspens.

7 décembre 2016 à 12:46

Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, va-t-il tuer la formation centriste, créée de toutes pièces par Jean-Louis Borloo pour tenter de faire renaître une UDF nouvelle version? La primaire de la droite aura en tout cas aiguisé un peu plus les critiques contre le député et maire de Drancy, considéré désormais comme le dangereux fossoyeur de l’héritage de l’ancien ministre de l’Ecologie de Nicolas Sarkozy. Le Nouveau Centre, une des trois composantes principales de l’UDI, menace de faire scission dimanche prochain à l’occasion d’un congrès extraordinaire. Le parti dirigé par le président de la région Normandie, Hervé Morin, qui, illico, s’est rangé derrière la candidature de François Fillon à l’issue du second tour, veut s’imposer aujourd’hui comme le principal interlocuteur dans la famille centriste du champion de la droite. Et être en première ligne pour négocier avec lui les futures investitures aux prochaines législatives. Sans passer par la case UDI et encore moins celle de Jean-Christophe Lagarde que l’ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy tient en piètre estime depuis leur lutte sans merci pour prendre la présidence de l’UDI.

Un départ du Nouveau Centre porterait un coup fatal à l’UDI, non seulement en termes d’adhérents mais également en termes de financement. D’autant que, dans la foulée, le Parti radical valoisien, la force la plus structurée de la famille UDI, menace d’en faire autant. Jean-Christophe Lagarde se retrouverait alors à la tête d’une coquille vide et sans plus un fifrelin dans les caisses de son parti. Même la petite Alliance centriste, longtemps présidée par Jean Arthuis et aujourd’hui conduite par le député du Tarn Philippe Folliot, menace de reprendre ses billes dans un échange de courriers peu amènes où Lagarde se voit reprocher sa direction par trop personnelle du parti.

«C’est un gyrovague»

Dans la liste des reproches faits au président de l’UDI figurent également ses revirements multiples. Jean-Christophe Lagarde se voit reprocher aujourd’hui d’avoir tenté de négocier la participation de sa formation à la primaire de la droite pour épauler Nicolas Sarkozy. D’avoir fait voter ensuite par le parti centriste sa non-participation à cette consultation faute d’avoir pu négocier un accord satisfaisant avec l’ancien président de la République. Jean-Christophe Lagarde s’est dès lors entiché de la présence d’Emmanuel Macron sur la scène politique, se déclarant prêt à discuter avec lui. Et plus si affinités. «Le tout sans consulter à aucun moment, les instances du parti», souligne le député Maurice Leroy, membre par ailleurs du Nouveau Centre. Il s’est enfin rangé à titre personnel – en invitant les élus de l’UDI à en faire autant – derrière la candidature d’Alain Juppé. En en faisant des tonnes contre François Fillon. «Lagarde, c’est un gyrovague. Il passe de monastère en monastère, sans être membre d’aucun, au gré des vagues», constate Patrice Gassenbach, ancien président du Parti Radical valoisien et patron déchu de la fédération de Paris, qui lui reproche «son communautarisme et sa méconnaissance des enjeux européens et environnementaux».

Avant de mettre à exécution sa menace de scission, Hervé Morin a réuni ses proches, mardi soir. Principal point à l’ordre du jour, «la gouvernance de l’UDI dont tout le monde s’accorde aujourd’hui à dire quelle pose problème», résume un des proches du président de la Normandie réunifiée. «Aujourd’hui, il est très difficile statutairement de virer Lagarde. Or, s’il ne veut pas que l’UDI éclate, il faut qu’il mette en place une direction beaucoup plus collégiale», ajoute un parlementaire centriste. Pas question pour les adversaires de Lagarde, en nombre suffisant au sein de la famille centriste, de lui laisser la haute main sur le parti créé par Borloo. Encore moins sur la commission d’investiture chargée de désigner les futurs députés centristes. Une fois les législatives passées, les centristes verraient bien s’installer à la tête de l’UDI un homme plus consensuel. Et pourquoi pas le maire de Nancy et président du Parti radical valoisien, Laurent Hénart.

Christophe Forcari

LIBERATION

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