Drancy La réunion du 16 janvier 2014 sur la gare de triage

Compte rendu :

Comment peut-on, impunément, jouer avec la vie des gens ?
Les présidents de  SNCF et RFF n’ont pas l’air de se poser la question !
Il est vrai MM. Guillaume Pepy et Jacques Rapoport ne vivent vraisemblablement pas dans une zone « à risques » comme les habitants du Blanc-Mesnil, du Bourget ou de Drancy !

Pour autant, en apportant aucune réponse -pour l’instant – aux attentes légitimes de ses riverains de la gare de triage de Drancy, ils accentuent leurs désarrois et leurs inquiétudes.

Qui ne dit mot consent, dit l’adage. Sauf, que dans ce cas,le silence de la SNCF ( Société Nationale des Chemins de Fer) et de RFF (Réseau Ferré de France) est malsain.

L’image de marque de ces sociétés nationales devraient encore plus en pâtir.  Mépriser à ce point, l’inquiétude et la peur de milliers d’habitants n’est pas une attitude responsable.

Elle l’est encore moins après le rapport accablant du bureau études accident qui a fait apparaître de graves négligences ainsi qu’un défaut flagrant de maintenance, lors du déraillement qui a eu lieu en gare de Brétigny-sur-Orge. Rien ne dit, que les déraillements successifs des 11 et 23 décembre derniers, à Drancy, ne sont pas dû aux mêmes causes.

Le rapport ministériel qui devrait être communiqué le 16 janvier prochain, lors d’une table ronde organisée par le Préfet de  Seine-Saint-Denis, en présence des ministres concernés , des élus locaux et de toutes les associations, devrait apporter des éléments de réponses.  Pour autant, sera-t-il aussi corrosif que celui du BEA ? Rien n’est moins sûr.

En attendant, les habitants des villes concernées vivent dans la peur d’un accident grave. Cette angoisse permanente se comprend aisément lorsqu’on sait que la gare de triage de Drancy ne dispose que d’un moyen « primitif »  d’alerte: la sirène. Imaginons qu’un nouveau incident intervienne un mercredi, jour d’essai des sirènes d’alerte de la ville, et c’est la mort assurée de milliers de personnes.

N’étant pas classée Seveso, l’aspect sécuritaire se limite au strict minimum. Pour Alain Ramos, conseiller municipal du Blanc-Mesnil, fortement impliqué dans ce combat, « la sécurité est inexistante ». C’est également l’avis du député-maire  UDI  de Drancy, Jean-Christophe Lagarde qui a , interpellé, une nouvelle fois, le premier Ministre, lors des questions au gouvernement.

« Par deux fois, j’ai attiré votre attention, sur les dangers reconnus par l’Etat (…) 30.000 personnes sont en danger de morts et on m’a répondu « Circulez, il n’y a rien à voir ». Je demande que le principe de précaution prévu constitution soit appliquée ».

Frédéric Cuvillier, le ministre délégué aux Transports, à la mer et à la pêche, lui a répondu en lieu et place de Jean-Marc Ayrault.  Il est notamment revenu sur les mesures d’urgences mises en place dès l’accident survenu et a insisté sur les mesures prises, à savoir, la limitation de la vitesse à 30  km/h,  ainsi que les engagements supplémentaires demandés à la SNCF et RFF.  Il a également insisté sur le fait que « le transport ferroviaire était plus sûr que le routier » Bref, c’est ce que l’on appelle « noyer le poisson ».

Il est à noter, que dans ce dossier sécuritaire,  l’étiquette politique  est passée outre. L’union entre les édiles s’est faite afin d’obtenir gain de cause et redonner une tranquillité relative à leurs administrés.
Didier Mignot, le maire du Blanc-Mesnil,  est lui aussi fortement impliqué dans ce dossier. Il a dernièrement saisit la justice, par voie de référé, afin de mettre l’Etat devant ses responsabilités.

Cette situation est d’autant plus inexplicable que la SNCF et RFF savent, tous deux,  tout comme le gouvernement, que le risque zéro n’existe pas en matière de transports de marchandises dangereuses, comme dans bien d’autres domaines, d’ailleurs. Les habitants le savent également et pourtant, aucune concertation n’a eu lieu pour l’établissement du « porté à connaissance »  du 22 avril 2013.

C’est la publication de ce document qui fait état de graves dangers encourus par les riverains du site de triage de Drancy qui a créé la mobilisation qui ne cesse depuis de s’amplifier. Leur courroux porte bien entendu sur le transit et le stationnement de matière dangereuses en gare de triage de Drancy, mais également sur le périmètre de sécurité retenu par le « porté à connaissance ». En effet, il  en délimite la zone à 620 mètres.

 Or, bizarrement, le chlore n’a pas été inclus dans ce document. Et pour cause: en l’excluant volontairement, les auteurs de ce document, ont réduit au strict minimum le périmètre de sécurité qui aurait dû être de 2.600 mètres.  « L’incompétence de l’administration nous fait peur« , assène Alain Ramos. Et, on ne peut pas lui donner tort.

Lui, comme toutes les personnes qui suivent de près ce dossier ne veulent qu’une chose: l’arrêt du transit et du stationnement  sur le site de Drancy  des wagons transportant des matières dangereuses et toxiques. « La sécurité publique et sanitaire, n’est pas négociable« , affirme Alain Ramos. Même son de cloche du côté du Collectif des Riverains de la Gare  de triage de Drancy (Corigat), animé par Jean-Pierre Quinet.

Là où le bât blesse, c’est que Drancy est la seule gare de triage encore en service pour toute l’Ile-de-France. Il y en avait cinq auparavant. Forcément, tout passe par elle. Aujourd’hui, le trafic est de 220.000 wagons à l’année, dont 12 à 13.000 dangereux et/ou toxiques. Et, le développement de ce mode de transport ne verra qu’accroître les risques.

Dans ce dossier, le silence du gouvernement est assourdissant. Hormis la réponse sibylline du ministre des Transports, on ne peut pas dire que le sujet met en « émoi » la République.

La vie des riverains de la gare de triage de Drancy vaut-elle moins que celle des usagers de la route ?
On est en droit de se poser la question, surtout lorsqu’on voit les moyens mis en oeuvre pour sauver quelques vies. L’effort est louable. Mais, il vous faut aussi avouer que, dans ce domaine, le sécuritaire rime avec le répressif « pécunier ».

En effet, inutile pour le gouvernement – comme tous ceux qui l’ont précédé – de se voiler la face: la sécurité routière fait rentrer des millions d’euros dans les caisses de l’Etat. Même si,chose incompréhensible, l’entretien et la gestion des radars sont confiés à une société privée – dont le PDG est le frère de Gilles De Robien, ancien ministre – qui fait payer chèrement ses services.

Dans le cas de la gare de triage de Drancy, c’est tout le contraire. Mais, inutile de s’affoler du côté  des sociétés publiques,   – comme au sommet de l’Etat – que sont la SNCF et RFF.  Et pour cause. « Ils ont cinq ans pour mettre en oeuvre les mesures de sécurité recensées dans le porté à connaissance« , s’insurge Alain Ramos. Autant dire que les riverains de cette gare de triage peuvent être rayés de la carte sans que cela inquiète la SNCF et RFF.

Quelle solution ?

Alain Ramos et tous ceux qui se battent pour que leur quotidien ne soit pas identique à celui qu’a connu la population de Mississauga, en 1979  dans la banlieue de Toronto, en Ontario, au Canada, c’est-à-dire  une évacuation d’urgence afin de parer au plus pressé, verrait d’un bon oeil,  l’éloignement de ses wagons indésirables.

La coordination des associations de riverains des sites Seveso s’est même proposé de leur prêter main forte. Le soutien de cette organisation est un plus qui pourra peut-être, faire pencher la balance du bon côté, comme l’espère Alain Ramos.

La solution ? Pourquoi pas la « réouverture » d’une des anciennes gares de triage éloignée de toute population ? Celle de la forêt d’Achères pourrait être une réponse. Mais, il est bien évident que les habitants de la commune de Saint-Germain-en-Laye, ne l’entendent pas de cette oreille.

Alain Ramos comme tous les élus et les riverains ne s’opposent pas à la gare de triage, ils en connaissent l’impact économique. Dans un  passé pas si lointain, les responsables politiques de ces villes étaient issus de la SNCF, ils connaissaient donc toutes les incidences que pourraient avoir cette gare.

Silencieux depuis le début de cette affaire, la SNCF et RFF se cachent derrière le fait que depuis sa création en 1863, la gare de Drancy n’a connu aucun accident grave qui ait pu porter atteinte aux riverains. Elles oublient toutes deux que le trafic a changé. Le transport des matières dangereuses et toxiques est de plus en plus important.

Alors que faire ?  Faut-il attendre qu’il y ait des morts  dans ce périmètre, pour que ces sociétés publiques fassent quelque chose ? Ce n’est pas à espérer.

Gageons que ces sociétés publiques et l’Etat seront assez responsable pour prendre la décision qui s’impose et permettre ainsi, aux riverains de la gare de triage de Drancy de dormir sur leurs deux oreilles, en toute quiétude.

Pour parvenir à leurs fins, les élus et tous ceux qui se mobilisent ont, d’ores et déjà prévu, de battre le pavé jusqu’au mois de juin prochain. Et plus encore s’il le faut.

Source : http://epsorg.fr/actus/la-vie-des-riverains-de-la-gare-de-triage-drancy-vaut-elle-moins-que-celle-des-usagers-de-la-route/

4 réflexions sur “Drancy La réunion du 16 janvier 2014 sur la gare de triage

  1. A lire dans le dernier -immédiat – page 6 , il y en à deux de la majorité municipale qui veulent que les wagons avec des matières dangereuses circulent sur des voies hors de toutes zone urbaine dense ! On va construire un nouveau réseau pour leur faire plaisir . Quand à celui qui donne du monsieur cocorico à tout bout de champs , je lui signale qu’aujourd’hui les femmes aussi écrivent sur internet ! A propos d’occupation des territoires , lorsque je lis qu’au Bourget , il faut construire 600 logements par an pendant 10 ans , l’ignare que je suis se pose des questions ! Quant aux wagons , il y a une grande étiquette dessus qui indique leur dangerosité . Tout accident ou incident ferroviaire déclenche une enquête avec arbre des causes : entretien du wagon, date de révision , qualification et formation du personnel … Quand le Concorde est tombé à Gousssainville , on n’a pas fermé Roissy ! Quand je vois les élus communistes courir derrière le maire de Drancy à 2 mois des élections , j’ai des doutes .

  2. En tant qu’ancien conducteur de la SNCF , je vais vous donner un exemple : un train avec des matières dangereuses part du Havre destination Tours . Je ne vous parlerai pas des règlements de sécurité concernant un tel convoi , on y passerait la journée ! Je ne citerai que les villes à forte densité de population , puisque d’après les élus de Drancy les autres n’ont pas d’importance . Première grande ville traversée , Rouen puis arrivée dans la grande banlieue : Mantes . A Sartrouville accès à la grande ceinture de Paris. Argenteuil , Epinay sur seine. … Drancy , Bobigny , Villemomble direction Valenton en traversant des zones très habitées . A Juvisy raccordement avec la ligne Paris Orléans , Bretigny sur Orge … Orléans … enfin Tours.Si toutes les villes traversées portent plainte contre l’état il va y avoir du monde dans les prétoires . Ces trains roulent ainsi depuis des décennies . Certains élus de Drancy ne veulent plus de ces circulations , où les font elles passer. Semer la panique dans la population est très facile , apporter des solutions et une autre paire de manches

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