Le 13 juin 2010 JC LAGARDE PRESIDENT !

Présidentielle de 2012 : pour Sarkozy, la bataille se jouera au centre

[ 21/05/10  – 12H44 – Reuters  ]

par Sophie Louet
PARIS, 21 mai (Reuters) – Nicolas Sarkozy, qui attend officiellement la mi-2011 pour reparler « un tout petit plus de politique », sait déjà qu’une partie de la prochaine bataille présidentielle, s’il l’engage, se jouera au centre.
Le chef de l’Etat, dont les intentions pour 2012 restent secrètes, en resterait pour l’heure à la stratégie gagnante de 2007, à savoir une dynamique unitaire de la droite au premier tour, selon des ministres et des membres de l’UMP. Mais des voix plaident au sein du parti majoritaire pour une candidature d’appoint au centre pour élargir l’offre de droite, qui a éprouvé ses limites lors des élections régionales de mars, où a été mis en évidence un espace politique vierge, déserté par l’UDF et le Mouvement Démocrate (MoDem) de François Bayrou.
« Sarkozy est plutôt dans la première option », dit un ministre proche du président, qui avait recueilli 31,18% des suffrages au premier tour de 2007, record absolu pour un candidat de la droite républicaine.
Les électeurs du centre-droit, les enquêtes post-régionales l’ont montré, ont choisi en mars l’abstention pour sanctionner le gouvernement, là où d’autres ont voté Front national.
Cette réserve de voix, qui paraît se « gauchiser » et n’est plus la propriété exclusive de François Bayrou, suscite forcément les convoitises en vue de 2012, ce qui inspire des craintes à droite sur un 21 avril « à l’envers ».
Le 21 avril 2002, le candidat socialiste Lionel Jospin n’avait pu franchir le cap du premier tour de la présidentielle en raison de l’éparpillement des voix à gauche.
« RAPPORT QUALITÉ-PRIX »
Au jeu des spéculations tactiques, « c’est normal que tout le monde pèse le rapport qualité-prix de l’addition avec le risque de la division », observe un ministre.
Le président du Nouveau Centre, Hervé Morin, qui passera la main à Jean-Christophe Lagarde lors du congrès du parti les 12 et 13 juin à Tours (Indre-et-Loire), a échaudé l’Elysée en se projetant sans ambiguïté vers l’échéance de 2012.
Un ministre ironise: « Sarkozy devrait y survivre ».
Un autre, d’obédience centriste, critique un « timing » inopportun. « Le Nouveau Centre ne résume pas le centrisme », dit-il. « La place du centre, c’est un sujet qui mérite d’être traité avec hauteur, ce n’est pas un sujet de parti ».
Entre 40% et 50% des électeurs centristes avaient voté Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle de 2007. Aux élections européennes de juin 2009, ils ont favorisé la percée inattendue des écologistes. Aux régionales, ils ont donné un coup de pouce non négligeable à la gauche.
Selon un baromètre TNS Sofres d’avril, la cote d’avenir de François Bayrou est de 24% pour 2012 (il avait obtenu 18,57% au premier tour en 2007, soit plus de 6,8 millions d’électeurs), alors que celle d’Hervé Morin n’est que de 14%.
L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui lancera le 19 juin un parti à l’étiquette gaullo-centriste, est au nombre de concurrents potentiels à droite.
« La stratégie unitaire de Nicolas Sarkozy a au moins un avantage, c’est que ça consolide un plancher d’électeurs. Mais la question est de savoir qui sera au second tour contre lui en 2012 », concède un ministre sarkozyste.
L’HYPOTHÈSE BORLOO
D’où l’idée d’un appui au centre à laquelle réfléchit une partie de la majorité pour ménager un « sas » à Nicolas Sarkozy.
Son résultat de 2007 est dangereusement proche de sa cote de confiance aujourd’hui, ce qui souligne, selon des partisans, la nécessité de fédérer la diaspora centriste.
C’est ici qu’interviendrait l’hypothèse d’une candidature du ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, qui, en échange, obtiendrait après 2012 le poste de Premier ministre.
« Une candidature Borloo aurait aussi le mérite de faire pièce à Bayrou, voire Villepin », note un élu de la majorité.
Mais ce haut responsable de l’UMP est catégorique: « Sarkozy ne veut pas d’un candidat au centre, d’où l’hypothèse d’un marché avec Borloo à Matignon ».
Le ministre de l’Ecologie, président du Parti radical, remplacerait François Fillon lors du « grand » remaniement prévu à l’automne et serait ainsi neutralisé.
Un collègue qui le connaît bien ne croit pas à ce scénario.
« Il préfèrerait de beaucoup qu’on ne lui propose pas Matignon », explique-t-il, laissant entendre que l’homme caresserait d’autres projets. « Il m’a dit, ‘maintenant que le Grenelle II est adopté, je suis libre’. »
Jean-Louis Borloo a exprimé son ambition de fédérer une grande famille centriste, jusqu’aux ONG, sur le mode de la « coopérative » que Daniel Cohn-Bendit appelle de ses voeux.
« Un centrisme de confort, avec Borloo candidat, ce serait incompréhensible, incohérent », estime Jérôme Jaffré, directeur du Centre d’études et de connaissances de l’opinion publique.
Et quels que soient les obstacles, « Bayrou ira » malgré tout à l’élection, assure un membre du gouvernement.
Dominique de Villepin, lui, n’ira pas à la bataille, estime un ministre sarkozyste. « Soit il dealera avec Sarkozy, soit il dira que la France est trop grande pour lui ».
« C’est un comédien de très grand talent. Il fait un bluff pas possible, mais il y a des choses triviales: il lui faudra faire au moins 5% des voix, sinon il devra payer et il n’a pas l’assise financière », déclare-t-il.
Pour Bruno Le Maire, ex-directeur de cabinet de l’ancien Premier ministre, la question d’un duel Sarkozy-Villepin ne « se posera pas en 2012 ». (Sophie Louet, avec la contribution d’Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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