Violence quotidienne à Drancy, Lagarde vantait « sa sécurité » mais la réalité est moins rose…

Samedi 8 mai, il est plus de minuit à Drancy (Seine-Saint-Denis). Une vingtaine de personnes se battent sur les trottoirs de l’avenue Marceau. Certains ont des bâtons, d’autres des barres de fer. Une équipe de la Brigade anti-criminalité (Bac) intervient. D’abord trois policiers, ils sont rapidement soutenus par des renforts. Caillassés, les policiers répliquent par un tir de flashball avant de parvenir à une première interpellation.

C’est là qu’un jeune homme s’avance et pointe un 357 magnum sur eux. Les policiers lui demandent de reculer. Lui tire. Il ne fait aucun blessé. C’est un « jeune adulte », issu de la cité, dont le frère a été incarcéré au mois de novembre pour des histoires de drogues. Les policiers le connaissent. Finalement maîtrisé, il est arrêté. Au total, les policiers interpellent sept personnes.

Systématisation des violences contres les forces de l’ordre

Incident exceptionnel ou routine policière ? « Il ne devait pas y avoir beaucoup d’actualité ce week-end pour que ça intéresse autant les médias », réplique un policier.

Plutôt courant, confirme Mohamed Douhane, commandant de police et membre du bureau du syndicat Synergie :

« Les jets de projectiles, ça n’a rien d’exceptionnel, c’est quotidien dans les cités. Quant aux tirs, ça arrive de façon régulière. La cité du Nord à Drancy est très connue pour ses affrontements entre bandes. Globalement, on a affaire à deux types de bandes.

Les bandes de quartier qui se réunissent en bas des immeubles. Elles s’approprient le territoire -la cité. Elles ne sont pas forcément délinquantes. Après, il y a des bandes plus organisées, structurées autour du trafic de drogue.

A la cité du Nord, on est dans de la bande traditionnelle. Elles se battent pour protéger leur trafic de stupéfiants. »

L’événement n’est toutefois pas anodin. Les violences « classiques » contre la police surviennent généralement en réaction au lendemain de la mort de jeunes du quartier, d’une bavure ou d’une grosse intervention dans la cité. Or, les attaques contre les forces de l’ordre ont plutôt tendance à se systématiser dans les quartiers, selon Mohamed Douhane :

« Maintenant, ils identifient la police comme une bande rivale. On ne veut pas des policiers sur le territoire. Les forces de l’ordre, c’est l’autorité publique, autant dire ce qu’ils détestent le plus puisqu’eux ont affirmé leur autorité sur ce territoire justement. La police, c’est ce qui empêche de poursuivre un trafic.

Ce sont souvent des jeunes très fragiles qui participent à ces rixes. Ils ne reconnaissent pas du tout la police comme un service public. »

La cité du Nord, réputée difficile, abrite des trafics de stupéfiants depuis des années. Régulièrement, des saisies d’armes factices ou de drogue y sont réalisées.

« On n’arrête pas ceux qui dealent dans les cités »

Le maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde (Nouveau centre), précise qu’il s’agit du premier tir visant des policiers. Il regrette que les efforts en matière de lutte contre les trafics aient été insuffisants ces dernières années :

« On cherche toujours la tête du réseau mais on n’arrête pas ceux qui dealent dans les cités, même si depuis un an, ça a un peu changé.

En terme d’effectifs, bien sûr que le commissariat de Drancy en manque. On a un manque de douze à dix-huit policiers mais ce ne sont pas eux qui font les enquêtes sur les trafics. »

Il salue toutefois le sang-froid des forces de l’ordre ce dimanche :

« Il y a des problèmes mais ça se passe un peu mieux qu’ailleurs parce qu’à Drancy, les policiers connaissent la population. Ils ont de l’expérience ici. »

Un projet de rénovation de la cité du Nord, arrêté en 2006, devrait être lancé bientôt. L’objectif : « Ouvrir la cité sur le reste de la ville ».

http://www.rue89.com/2010/05/10/apres-le-coup-de-feu-a-drancy-la-police-une-bande-rivale-15085

Une réflexion sur “Violence quotidienne à Drancy, Lagarde vantait « sa sécurité » mais la réalité est moins rose…

  1. c’est le même problème prés de la gare de Drancy rue joseph Henaff, toute la journée une bande de dealer est présent dans la rue, les habitants de la rue n’en peuvent plus, et le maire de Drancy est au courant mais il n y fait rien, c’est aux qui font la loi, malgré une pétition, main courante, ils sont toujours la et empêchent les habitants de vivre tranquillement.

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