Invectivé, l’imam de Drancy quitte la mosquée sous escorte policière

De Amer OUALI (AFP) – 29 janvier 2010 18 heures.

 

Par téléphones portables, les échanges avant le départ de l’imam

PARIS — Sommé de s’expliquer sur sa version des incidents de lundi provoqués selon lui par des islamistes, Hassen Chalghoumi qui se présente comme l’imam de Drancy (Seine-Saint-Denis) et se dit menacé de mort a quitté précipitamment sa mosquée vendredi sous les invectives de centaines de fidèles, escorté par de nombreux policiers.

« Menteur! » et autres noms d’oiseaux ont fusé lorsque Hassan Chalghoumi, hostile à la burqa et connu pour ses liens avec la communauté juive, s’est saisi du micro pour une explication devant les fidèles venus nombreux pour la grande prière hebdomadaire musulmane, la première depuis ces évènements.

Bâtiment moderne en verre et panneaux blancs et marrons, la mosquée coincée entre le chemin de fer et des équipements sportifs, a été érigée à l’emplacement d’une ancienne usine de bière : elle est gérée par une association culturelle au nom de Al-Nour (la lumière) présidée par Hassen Chalghoumi.

Selon les fidèles interrogés par l’AFP, M. Chalghoumi est le président de cette association, une fonction administrative, et non l’imam, une personne censée avoir la meilleure connaissance de la religion dans son entourage qui l’autorise ainsi à diriger la prière et à prêcher la bonne parole. En islam, il n’y pas de clergé.

Deux plaintes pour « dénonciation calomnieuse » ont été déposées mardi soir contre Hassen Chalghoumi, à la suite de la plainte contre X pour violence et menaces de mort qu’il avait déposée auparavant, selon ses dires antérieurs.

« Je n’ai pas déposé de plainte mais rempli une main-courante; et le commissaire est là pour vous le confirmer », a-t-il assuré devant le « patron » des policiers locaux présent à ses côtés avant le début de la prière. Il refuse alors de tendre le micro à un contradicteur qui souhaitait lui répondre.

A la fin de la prière, les protagonistes ont été invités à une explication franche et calme dans le respect des lieux. Les mosquées ne sont pas un lieu de controverse ou d’échange mais simplement d’écoute.

« Je n’ai pas parlé au nom des musulmans », se défend Hassen Chalghoumi en évoquant ses propos sur la burqa et son accord avec une loi interdisant cette pratique, accusant la presse d’avoir déformé ses propos.

« Menteur! », crient la plupart des fidèles restés pour suivre cette explication. « Nous avons enregistré ce que tu as dit à la radio », lui lance quelqu’un. D’autres noms d’oiseaux fusent.

Hassen Chalghoumi met brutalement fin à cet échange et quitte la mosquée, escorté par des policiers.cow boy avec l'emem de drancy

Dans la confusion, un jeune fidèle tente de se faire entendre. Yacine faisait partie du groupe accusé d’avoir provoqué l’intrusion violente de lundi.

« On n’était pas un commando. Ca c’est passé dans le calme. On est venu demander au frère Hassen des explications sur ses prises de position. On voulait lui demander de ne pas s’exprimer au nom des musulmans de Drancy car tous n’ont pas la même opinion sur le port du niqab » (voile intégral).

Dans la confusion, Yacine invite les fidèles à sortir et à signer une pétition demandant la démission de Hassen Chalghoumi de la présidence de l’association Al-Nour. Le texte souligne que M. Chalghoumi est un « responsable administratif » et non un imam.

« Nous ne reconnaissons pas l’imamat de quelqu’un qui arrive accompagné de gardes de corps », proclame le texte.

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