Les cérémonies de vœux au régime sec

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Au revoir champagne et montagne de petits fours. Pour les vœux à Bercy, par exemple, « ce sera cacahuètes si la cérémonie a lieuà l’heure du déjeuner ou galettes des Rois si c’est l’après-midi », explique l’entourage d’Éric Woerth. (Crédit photo : zone41)

Alors que les ministres ont été invités à la sobriété, plusieurs mairies, préfectures ou conseils généraux ont décidé de renoncer aux traditionnelles réceptions de Noël ou d’en alléger les buffets.

La consigne a été transmise la semaine dernière par Matignon à l’ensemble des ministères : les cérémonies de vœux devront être «modestes et sobres». Alors que les Français vont devoir affronter la crise, que le chômage remonte, le gouvernement ne doit pas prêter le flanc aux critiques.

Pour réduire la facture, certains ministères ont décidé de diminuer le nombre de réceptions. À la Défense, Hervé Morin et son secrétaire d’État Jean-Marie Bockel ont prévu une seule cérémonie commune pour les institutionnels du secteur et la communauté militaire, au lieu de deux l’an dernier. Au rendez-vous en province comme l’an dernier, a été préféré le Musée de l’air et de l’espace au Bourget, en banlieue parisienne afin de «limiter les frais des déplacements des militaires». À Bercy, où l’on gère les deniers publics et où l’on se veut «exemplaires», Christine Lagarde et Éric Woerth, ministres de l’Économie et du Budget, présenteront ensemble leurs vœux aux fonctionnaires de la maison avec leurs cinq secrétaires d’État. Éric Woerth envisage par ailleurs de supprimer la réception avec les parlementaires… Ce qui serait une première !

Adieu foie gras, champagne et montagne de petits fours. À Bercy, «ce sera cacahuètes si la cérémonie a lieu à l’heure du déjeuner, ou galettes des Rois si c’est l’après-midi», explique très sérieusement l’entourage d’Éric Woerth. Enfin, pour épargner la planète et leur budget, les ministères ont réduit le volume des cartes de vœux en papier. Christine Boutin, souhaitera la bonne année, dans une vidéo d’une minute exposant les actions qu’elle a menées en 2008. Économie réalisée pour le ministère : entre 20 000 et 25 000 euros. Éric Woerth aura, lui, droit à des cartes de vœux en papier mais en nombre limité : 200 maximum. Pour ses collaborateurs et les fonctionnaires de Bercy, ce sera le courriel. À la clé : 92 000 euros d’économies, assure le ministère du Budget.

De leurs côtés, les élus locaux ont également annoncé des coupes dans les réceptions. Certains maires ont préféré donner ces fonds à des associations caritatives, comme à Colombes, Thionville, Montpellier, transformant leurs administrés en bienfaiteurs. Parfois à leurs corps défendant.

Des annulations

D’autres ont simplement annulé les cérémonies, comme à Bagnolet, ville de Seine-Saint-Denis très endettée, au conseil général des Bouches-du-Rhône, à la Région Lorraine, à la préfecture de Toulon. Enfin, la plupart ont réduit le faste de ces réjouissances. Les réceptions, parfois recommencées pour chaque corps, ont été rassemblées, comme à Paris. De douze, elles passeront à six. Tandis que les budgets, parfois pharaoniques, ont été compressés de près de 30 % à 50 % ! Les petits fours ont cédé la place au buffet campagnard, les canapés aux produits régionaux, le champagne au kir. Mulhouse a prévu des cérémonies «vin blanc-saucisses-bretzel». À Bondy, en Seine-Saint-Denis, le maire socialiste Gilbert Roger a tassé les coûts jusqu’à obtenir une réception à 16 euros par personne, «sécurité incluse», précise-t-il. Son secret ? «Il n’y a pas de secret : on a diminué les quantités, c’est tout». À Sceaux, la grande réception des personnalités a disparu, au profit de petites réunions étalées sur l’année. Par mesure d’économie, mais aussi pour éviter les rivalités. Chacun voulait y paraître, «jusqu’aux anciens présidents d’associations qui n’acceptaient pas de laisser la place, une fois leur mandat achevé», explique le maire actuel Philippe Laurent. Cependant, «ces cocktails restent très importants pour les habitants», et leur coût représente «en moyenne 0,5 % des impôts», estime ce centriste sans étiquette, également président de la commission finance de l’Association des maires de France. Les supprimer ne change pas la donne financière d’une ville. L’illumination de Noël s’avère bien plus onéreuse qu’une réception avec des personnalités. «Ces annulations relèvent de l’affichage», regrette même Kamel Hamza, élu UMP d’opposition en Seine-Saint-Denis : «Quand le conseil général PS renonce à cette tradition, il pointe du doigt la défaillance financière de l’État… et prépare les administrés à une future hausse d’impôts», croit-il savoir.

Face à la crise, tous les maires ne sabrent pas les mêmes budgets. À Drancy, Jean-Christophe Lagarde n’entend pas renoncer à cette réception qui permet de «remercier les bénévoles des associations, les directeurs d’école, tous ceux qui font marcher la commune. Pour économiser 46 000 euros, ce n’est pas rentable». Tandis qu’au conseil général des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian a choisi de maintenir ses vœux «pour lutter contre la sinistrose».

Cécilia Gabizon et Anne Rovan
24/12/2008 Figaro.fr

Une réflexion sur “Les cérémonies de vœux au régime sec

  1. Sir JC Lagarde a décidé de faire des économies de personnel mais pas de bouches… Tous à la cérémonie des vœux, si vous considérez par vos impôts faire « marcher la commune »… On récupère, un peu, des 46 000 €uros…

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